On fait le point sur les probiotiques !

Par Cécile Pétureau – 25 juin 2026

Les probiotiques : qu’est-ce que c’est ?

Selon la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé de 2001, les probiotiques sont des “micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé”.

Plus simplement, les probiotiques sont des bactéries ou des levures bénéfiques, capables d’améliorer notre santé. 

Quels sont leurs bienfaits ? 

Vous le savez sans doute, le principal objectif des probiotiques est d’enrichir favorablement le microbiote intestinal.

Ils participent ainsi à l’équilibre subtil entre les micro-organismes bénéfiques et ceux qui peuvent devenir nocifs lorsqu’ils se développent en excès.

Plus concrètement, on connait surtout les probiotiques pour : 

  • Leurs bénéfices sur la digestion, en particulier dans les cas de diarrhée post antibiotiques, gastro entérite, syndrome de l’intestin irritable (SII) ou de recto colique hémorragique (RCH)
  • Contribuer à renforcer l’immunité et à réguler la réponse inflammatoire
  • Prévenir et lutter contre les infections vaginales et mycoses
  • Participer à la régulation du poids et à l’équilibre métabolique
  • Améliorer la santé mentale : certaines souches de probiotiques (appelés « psychobiotiques ») peuvent réduire le stress et l’anxiété en modulant l’axe intestin-cerveau.

Comment ajouter des probiotiques à son alimentation ?

Les probiotiques sont naturellement présents dans certains aliments fermentés.

A savoir : lorsque l’on consomme des probiotiques à travers l’alimentation, les quantités qui atteignent réellement le côlon sont inférieures à celles apportées sous forme de compléments alimentaires, les probiotiques alimentaires résistants moins bien à l’acidité de l’estomac et aux sels biliaires. Néanmoins, la durée de vie dans l’intestin des probiotiques naturels est supérieure à celle des compléments alimentaires.

Je vous invite donc à intégrer une puis plusieurs fois par semaine, progressivement et en adaptant votre consommation à votre propre tolérance digestive (pour éviter ballonnements, gaz et troubles du transit) des aliments fermentés, consommés crus et non pasteurisés : 

  • Légumes lactofermentés (kimchi, betterave, carotte ou chou lactofermentés, etc.)
  • Condiments en saumure (câpres, cornichons et olives)
  • Produits à base de soja fermenté (tofu lactofermenté, tempeh, natto et miso)
  • Boissons fermentées (kéfir et kombucha non pasteurisés)
  • Yaourts au bifidus (K-Philus en magasin bio par exemple), fromage au lait cru non pasteurisé, etc.

L’apport en prébiotiques est toutefois prioritaire !

Avant d’ajouter des probiotiques à son alimentation, le plus important est de s’assurer que l’on consomme suffisamment de prébiotiques.

Certains composés sont le substrat des bactéries alliées de notre microbiote intestinal.

En les nourrissant de manière sélective, ils vont ainsi stimuler leur croissance et garantir leur diversité. 

Ces composés à effet prébiotique sont majoritairement les fibres fermentescibles, que l’on trouve dans les aliments d’origine végétale : légumes, fruits, céréales complètes et semi complètes, légumineuses et oléagineux.

Les bactéries alliées fermentent ces fibres et produisent des acides gras à chaine courte qui ont de nombreux effets bénéfiques sur notre santé : 

  • La santé intestinale, notamment l’intégrité de la barrière intestinale et la réduction de l’inflammation intestinale et systémique
  • Mais aussi sur le métabolisme, l’humeur, l’immunité, etc. 

Si l’on rentre un peu plus dans le détail, les 10 aliments les plus riches en fibres à effet prébiotique sont les suivants : la chicorée feuille, l’artichaut, l’ail, l’oignon, le poireau, l’asperge, l’avoine, l’orge, la banane (peu mûre) et la pomme. On en retrouve aussi largement dans le navet, le panais, le salsifis, le topinambour, les graines de lin, le seigle, le sarrasin, l’orge, les lentilles ou encore les pois chiche. 

Les féculents cuits et refroidis (6h) sont également une excellente source de fibres à effet prébiotique faciles à ajouter : ils contiennent de l’amidon résistant, un type de fibre qui se développe sous l’effet du refroidissement après cuisson et qui sert de substrat aux bactéries intestinales bénéfiques. Prenez le réflexe de cuire vos féculents (PDT, patate douce, pâtes, riz, quinoa, lentilles, etc.) pour deux repas et consommez-les en salade ou réchauffés. 

Les polyphénols stimulent la croissance des bactéries bénéfiques (sans qu’elles s’en nourrissent directement) et augmentent la diversité du microbiote. Parmi les aliments les plus riches en polyphénols, on retrouve : les fruits rouges (cassis, myrtille, framboises), les cranberries, la grenade, le raisin, l’oignon rouge, l’artichaut, le cacao, le thé et le café et certaines épices comme le curcuma, le clou de girofle ou encore l’anis.

Enfin, les oméga-3 stimulent également la croissance des bactéries alliées. Parmi les meilleures sources, on retrouve : les poissons gras (en privilégiant les petits poissons en début de chaine alimentaire : sardines, maquereaux, anchois) et les œufs de la filière « Bleu blanc cœur », consommés jaune coulant.

Précision : Tout comme pour les probiotiques, adapter sa consommation de fibres fermentescibles à sa propre tolérance digestive, l’augmenter progressivement pour éviter tout inconfort digestif. En cas de syndrome de l’intestin irritable ou de troubles digestifs chroniques, travailler sur les causes sous-jacentes.

Quel est l’intérêt d’une cure de probiotiques ?

Il est généralement recommandé de faire une cure de probiotiques en cas de dysbiose intestinale. C’est à dire en cas de rupture de l’équilibre ou de la diversité du microbiote intestinal, qui laisse place à la prolifération de micro-organismes potentiellement pathogènes. 

Les probiotiques viennent alors « en renfort » des bactéries bénéfiques déjà installées et peuvent contribuer à rétablir l’équilibre. 

Certains signes peuvent indiquer un déséquilibre du microbiote intestinal, c’est en particulier le cas des :

  • Troubles digestifs et du transit chroniques, hypersensibilités alimentaires et intolérances, syndrome de l’intestin irritable (SII), SIBO, candidose, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)
  • Infections urinaires, vaginales et mycoses à répétition
  • Vulnérabilité aux infections, allergies, troubles inflammatoires chroniques et maladies auto-immunes : l’équilibre du microbiote joue avec la muqueuse intestinale un rôle majeur dans l’immunité et la réponse inflammatoire en particulier.

Il existe aussi souvent une dysbiose intestinale en cas de maladies inflammatoires de la peau (acné, rosacée, psoriasis et eczéma), de troubles de l’humeur voire de dépression, de maladies métaboliques (résistance à l’insuline, diabète, obésité, stéatose hépatique, etc.), de maladies neuro dégénératives comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, ou encore d’autisme.

Il est également recommandé faire une cure de probiotiques en cas de prise d’antibiotiques, ces derniers pouvant altérer la diversité du microbiote intestinal.

Mais le plus important, c’est naturellement éviter la dysbiose intestinale.

C’est à dire d’adopter un mode de vie qui favorise l’équilibre et entretienne la diversité du microbiote intestinal au quotidien : 

  • Avant tout une mastication suffisante (trop souvent sous-estimée !), une alimentation riche en fibres fermentescibles et en polyphénols, une consommation régulière d’aliments et boissons fermentés et à l’inverse limiter le sucre ajouté et les aliments ultra-transformés
  • Mais également un sommeil de qualité, la pratique d’une activité physique régulière et une bonne gestion du stress. 

Comment faire une cure de probiotiques ?

Il est selon moi essentiel de se faire conseiller par un professionnel sur la pertinence ou non de prendre des probiotiques ainsi que dans leur choix. Les probiotiques sont classés en différentes souches (Lactobacillus, Bifidobacterium, Saccharomyces boulardii, etc.) et chaque souche a des effets spécifiques sur la santé lorsqu’elle est apportée à une dose efficace.

En général, une cure de probiotiques dure a minima 4 semaines et peut être renouvelée en fonction des besoins spécifiques. Dans la majeure partie des cas, les probiotiques ne s’implantent pas dans le microbiote intestinal, ils ne font que transiter. 

Les probiotiques sont contre-indiqués en cas d’immunodépression et la souche saccharomyces boulardii est également contre-indiquée en cas de port d’un cathéter veineux central.

En cas de doute, demander conseil à son médecin ou à son pharmacien.

Ce qu’il faut retenir :

  • Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, ingérés en quantité suffisante, enrichissent le microbiote intestinal et participent à maintenir l’équilibre entre les bactéries alliées et les bactéries potentiellement nocives.
  • Les probiotiques peuvent améliorer la digestion, soutenir l’immunité, prévenir les infections vaginales et mycoses et même agir sur la santé mentale via l’axe intestin-cerveau.
  • Les probiotiques naturels se trouvent dans certains aliments fermentés, à introduire progressivement. L’apport en prébiotiques est toutefois prioritaire car ils nourrissent les bactéries bénéfiques.
  • Quand faire une cure ? Principalement en cas de dysbiose intestinale, qui peut être signalée par des troubles digestifs chroniques, infections à répétition, maladies inflammatoires de la peau, etc., ainsi qu’en cas de prise d’antibiotiques.
  • Le choix des souches doit être adapté à chaque besoin et conseillé par un professionnel.

Sources

Restaurer l’équilibre du microbiote intestinal est l’un des leviers que j’utilise régulièrement, en particulier en cas de syndrome de l’intestin irritable, SIBO et candidose. Les probiotiques figurent parmi les compléments alimentaires que je conseille, suivant une stratégie bien précise. Leur recommandation n’est toutefois pas toujours pertinente et n’est donc pas automatique.

Pour en savoir sur mon approche, découvrez ma page dédiée à l’accompagnement des troubles digestifs. 

© Cécile Pétureau Naturopathe
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